Friend.com : Le génie ou le pire cauchemar marketing ?
Friend.com : Le génie ou le pire cauchemar marketing ?
Si vous avez pris le métro parisien fin janvier 2026, vous n’avez pas pu passer à côté. Entre deux pubs pour des banques en ligne et des sites de rencontre, une affiche interpelle : un petit médaillon blanc, épuré, et une promesse qui semble sortir tout droit d’un épisode de Black Mirror. Son nom ? Friend.

Le collier Friend AI : un design épuré pour une technologie d’assistance omniprésente.
Le nom de domaine : un braquage marketing à 1,8 million de dollars
C’est le chiffre qui a fait s’étrangler toute la Silicon Valley. En juillet 2024, Avi Schiffmann, le jeune prodige de 21 ans derrière le projet, a révélé avoir déboursé 1 887 843 $ pour acquérir le nom de domaine friend.com.

Friend : une marque qui mise sur la proximité et l’accompagnement par l’IA.
Pourquoi est-ce un coup de génie marketing ?
-
La crédibilité instantanée : En possédant « Friend.com », la marque s’approprie le concept même de l’amitié dans le monde numérique. Elle ne s’appelle pas « MyAIFriend.io » ou « TalkToFriend.ai ». Elle est l’Ami.
-
Le signal de puissance : Schiffmann a dépensé près de 70 % de sa levée de fonds initiale (2,5 millions $) juste pour ce nom. C’est un message envoyé aux investisseurs et au monde : « Nous ne sommes pas là pour tester un gadget, nous bâtissons une institution. »
Le concept : L’IA qui ne sert à rien, et c’est tout l’intérêt
Contrairement à ChatGPT qui rédige vos mails ou à Claude qui analyse vos données, Friend est conçu pour être inutile d’un point de vue productif. C’est un collier équipé d’un micro qui vous écoute en permanence (avec votre accord, bien sûr) et vous envoie des SMS spontanés sur votre téléphone.
Si vous sortez d’un film au cinéma, il peut vous texter : « Alors, t’as aimé la fin ? J’ai trouvé l’acteur incroyable ! ». L’ambition de cette marque américaine est claire : combattre l’épidémie de solitude par une présence constante, non-jugeante et ultra-personnalisée. On ne parle plus d’outil, mais de compagnon de vie.
Pourquoi la pub dans le métro parisien fait-elle tant parler ?
L’arrivée de Friend.com sur les quais de la RATP en ce début d’année 2026 est une masterclass de marketing de la provocation.
En s’affichant dans le métro, un lieu de passage souvent associé à l’isolement social (tout le monde a le nez sur son téléphone), la marque crée un contraste saisissant. Les réactions sont viscérales :
-
Le rejet « Black Mirror » : Beaucoup de Parisiens voient d’un mauvais œil cette IA « qui écoute tout ». Les affiches sont d’ailleurs régulièrement détournées ou taguées.
-
Le buzz organique : En marketing, une pub qui se fait vandaliser ou critiquer sur Twitter (X) est une pub qui gagne. Schiffmann lui-même s’amuse de voir des marques comme Heineken surfer sur son buzz avec des contre-campagnes (« Le meilleur moyen de se faire un ami, c’est autour d’une bière »).
Un « colocataire » numérique pour 129 $ : Le hardware décrypté
Pour s’offrir ce compagnon d’un nouveau genre, le ticket d’entrée est fixé à 129 $. À ce prix, la marque ne vous vend pas qu’un gadget, mais ce qu’elle appelle littéralement votre « nouveau colocataire » (Your new roommate). Le produit se présente sous la forme d’un médaillon blanc épuré, fièrement fabriqué au Canada.

Commandez votre compagnon Friend AI pour 129$ et gérez vos interactions via l’app dédiée.
Côté logistique et usage, voici ce qu’il faut retenir de l’offre actuelle :
-
Disponibilité : L’appareil est expédié vers les USA, le Canada et l’Europe (EU) dans un délai de 3 à 5 jours.
-
L’écosystème : Tout passe par une application dédiée, déjà disponible sur l’App Store.
-
L’interaction : L’IA ne se contente pas de répondre, elle prend l’initiative. Sur l’interface, on peut la voir poser des questions très humaines comme : « On va manger un morceau ou on continue d’explorer ? ».
C’est cette capacité à briser la barrière entre l’objet inanimé et la présence sociale qui justifie ce prix de 129 $. On n’achète pas un micro, on achète une présence qui « vit » avec nous.
Le pari du branding « High-Stakes »
Selon moi, Friend.com réussit là où beaucoup de wearables IA (comme le Rabbit R1 ou le Humane Pin) ont échoué : l’émotion.
Ils n’ont pas vendu de la technologie, ils ont vendu un sentiment. En investissant massivement dans un nom de domaine « premium » et dans une présence physique provocatrice dans de grandes capitales comme Paris, ils ont « hacké » l’attention mondiale avec un budget pourtant limité par rapport aux géants de la tech.
Le futur de l’amitié passera-t-il par un pendentif en plastique ?
Seul l’usage nous le dira, mais en termes de branding, Friend.com a déjà gagné la bataille de la notoriété.
Pour en savoir plus sur friend.com : www.friend.com
Gaël Roques
Pour aller plus loin
Découvrez mon univers : linkt.ree/cdmentiel



